Regards d’habitants

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En 1999, la ville espagnole de Pontevedra a entamé sa transformation pour devenir quasiment entièrement piétonne. Aujourd’hui, 72 % des déplacements en ville se font à pied ou à vélo. Témoignages de quelques habitants de la ville.

« Pontevedra est une ville super pour les enfants ! Ils peuvent jouer dehors très facilement, sans aucun risque. Récemment, le parvis devant l’école a été piétonnisé et les écoliers ont même donné leur avis sur le projet. En tant qu’adulte, on profite aussi de la piétonnisation, même si mon mari et moi, nous ne pouvons plus nous garer dans notre quartier. Nous louons donc une place de parking. Pour profiter d’une meilleure qualité de vie, il faut parfois consentir à de petits sacrifices. »
Axa Tilve, conceptrice-rédactrice et mère de deux enfants

« Maintenant, ce qui est incroyable, c’est à quel point les voitures respectent les piétons. Si vous croisez une voiture dans le centre historique, elle va s’arrêter ou faire un détour pour vous laisser passer ! Même si je n’y étais pas favorable au départ, je reconnais que la piétonnisation a de nombreux effets positifs. Pas seulement pour attirer les touristes, mais pour notre propre bien-être. Je regrette juste que, dans les quelques rues où les surfaces commerciales sont vides, la convivialité ne soit pas encore au rendez-vous. »
Miguel Lago, commerçant

« Pour les personnes à mobilité réduite, la piétonnisation est très positive. C’est toujours bénéfique de récupérer de l’espace sur les voitures. Mais maintenant, il faudrait améliorer les infrastructures pour les personnes non-voyantes. Comme les trottoirs ont disparu dans le centre-ville, le revêtement du sol doit être adapté pour guider les personnes qui se déplacent avec une canne blanche, avec différents types de pavés selon les endroits. »
Paulo Fontan, Président d’une association de personnes à mobilité réduite

« Avant, il y avait tellement de voitures garées qu’on ne voyait même pas ma pharmacie ! La piétonnisation n’a pas nui à mon activité, bien au contraire. Elle contribue aussi à ma santé puisque chaque jour, je marche tranquillement pour rejoindre mon officine. En ville, l’air est plus pur car le trafic est limité. En dehors de la zone piétonne, en revanche, il y a parfois de légers bouchons à certaines heures, quand les gens sortent du travail, par exemple, ou à la sortie de l’école. »
Jose Luis Dominguez Gomez, pharmacien

« Je livre des bières et des sodas dans les bars de Pontevedra. Dans le centre historique, je n’ai le droit de circuler que jusqu’à midi. Parfois, mes clients ne m’accueillent qu’en fin de matinée. Alors, je déborde un peu sur l’horaire… Heureusement, les autorités sont tolérantes. Hors du centre, c’est un peu plus compliqué : comme les voitures ne se garent pas, elles pratiquent la dépose-minute autorisée. Et cela ralentit mon parcours. »
Juan Daniel Garcia y Sorna, livreur

« La piétonnisation est une tendance mondiale ! À Pontevedra, cela a changé notre vie positivement. À l’extérieur du centre, on peut laisser sa voiture indéfiniment dans cinq grands parkings gratuits, dits “de dissuasion”. Hélas, ils sont vite saturés. La population a besoin de plus de places de stationnement. Il faudrait aussi asphalter ces espaces, qui ne sont pour l’instant que de simples terrains vagues : quand il pleut, on a les chaussures pleines de boue ! »
Santy Mosteiro, journaliste

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