ÉDITO #2

Les transformations du monde sont profondes et les transports auront un rôle de plus en plus déterminant à jouer dans le nouvel ordre des choses. Mais si jusqu’ici l’objectif était souvent de concevoir des solutions de mobilité avec l’exigence de la quantité d’individus transportés, voici venu le temps de ramener l’humain au cœur des systèmes de mobilité. Comme je le dis souvent, les individus ne doivent pas être solubles dans le « mass transit ». Entre deux heures de pointe, le niveau du flux peut être similaire
mais les personnes qui voyagent ne sont pas forcément les mêmes. Il nous faut donc parvenir à discerner ces individus pour mieux prendre en compte leurs habitudes, leurs envies et leurs besoins. Et s’il faut considérer la pluralité des individus, la diversité des territoires n’est pas à oublier ! Il existe nombre de frontières invisibles qui s’entrecroisent au sein même d’un territoire géographique ou administratif, et qui peuvent délimiter des usages radicalement différents.

Face à toutes ces pluralités, nous ne pouvons pas prétendre apporter une réponse spécifique à chaque cas particulier. C’est là qu’intervient notre mission primordiale de décryp­tage : il nous faut décoder les données avec curiosité et sans idées préconçues, afin d’identifier des fils conducteurs et de trouver des solutions pouvant améliorer les mobilités de tous. Passionnant !

Pulse s’inscrit parfaitement dans cette démarche d’obser­vation et d’ouverture. Dans ce numéro, vous pourrez lire des dossiers et des points de vue sur des sujets aussi variés que les bus électriques, la gratuité des transports, la mobilité des millennials ou encore le festival qui transforme les tramways de Melbourne en véritable œuvres d’art.

Bonne lecture !

Éric Chareyron
Directeur de l’Observatoire des tendances de la mobilité Keoscopie