Dématérialisation des titres de transport : quatre façons d’innover

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Par Jean-Pierre Montal

L’acte d’achat d’un titre de transport, au guichet ou au distributeur, est vécu comme une contrainte et une perte de temps par les voyageurs. Plusieurs solutions de dématérialisation offrent de réelles alternatives à la fois plus simples, souples et efficaces. Revue de détail de leurs points forts et de leurs limites.

1 – LE M-TICKET

Le principe
Via une application téléchargée sur son mobile, le voyageur paye et reçoit un code-barres 2D (QR code) qui fait office de ticket. Il passe son smartphone directement sur le valideur pour déclencher son titre de transport. Une solution déjà en place dans les métros d’Athènes et de Londres ou encore sur les réseaux d’Orléans et Montargis.

Les plus
La simplicité : l’achat est facile et peut s’effectuer au dernier moment sans file d’attente.
La fiabilité : pour perdre son billet, il faut perdre son smartphone !

Le bémol
Le smartphone est indispensable (or, en 2016, seulement 50,6 % de la population mondiale en possède un (Source)) et la connexion doit être performante.

2- L’OPEN PAYMENT

Le principe
En entrant sur le réseau, le voyageur présente sa carte bancaire ou son smartphone. Une fois arrivé à destination, il valide la fin de son trajet par le même moyen, ce qui déclenche le paiement directement sur son compte bancaire. Une solution mise en œuvre à Pékin et à Londres, en cours de déploiement à Dijon.

Les plus
La souplesse : ce système ne réclame pas d’équipement spécifique pour les voyageurs.
De plus, la facturation est immédiate et le tarif correspond au trajet effectué.

Le bémol
Ce système requiert que les réseaux s’équipent (lecteurs de cartes bancaires sur les valideurs, systèmes informatiques capables de traiter les données…). À noter que cette solution s’adresse essentiellement aux voyageurs occasionnels, qui n’ont pas besoin d’abonnement.

3 – LE TICKET SMS

Le principe
Le voyageur envoie un code par SMS et reçoit en retour un message faisant office de titre de transport. Celui-ci comprend les informations indispensables (type de ticket, date de validité…) et un élément à scanner (QR code, code-barres ou chiffré). Un service déjà opérationnel dans plusieurs villes françaises (Nîmes, Rouen…), suisses (Genève, Zurich, Berne…) et à Stockholm notamment.

Les plus
L’accessibilité : inutile de posséder un smartphone pour envoyer un SMS.
Pas d’inquiétude en cas de batterie déchargée puisque le contrôleur peut vérifier l’achat sur son application.

Le bémol
Performante sur des réseaux ouverts (bus, vélo, tramway…), la solution rencontre encore quelques difficultés en réseau fermé, lors de la validation notamment.

4 – LE POST PAYMENT

Le principe
Le voyageur dispose d’une carte de transport qui lui donne accès au réseau. Elle enregistre l’ensemble des trajets effectués et déclenche le paiement à la fin du mois. Le système est déjà en place à Séoul tout comme en France, à Tours, Brest, Le Mans…

Les plus
Le sur-mesure. En effet, la facture mensuelle est automatiquement ajustée en fonction de la formule la plus avantageuse pour le passager (par exemple un abonnement « grand voyageur » ou un forfait « zones 1 et 2 »). Très simple, cette solution n’utilise qu’une seule carte pour l’ensemble du réseau de transport, quels que soient les modes empruntés.

Le bémol
Tout comme l’open payment, le post payment nécessite un investissement pouvant être lourd pour les opérateurs.


FRAUDE ET VALIDATION, DEUX QUESTIONS CENTRALES

Existe-t-il un lien entre la dématérialisation du titre de transport et la fraude ?

Certains experts estiment qu’en proposant un mode d’achat moins contraignant, plus rapide et parfois plus économique (comme dans le cas du ticket SMS ou du post payment), ces évolutions technologiques seront rapidement adoptées par des populations souvent plus sujettes aux fraudes, comme les jeunes, les étudiants… et pourraient donc avoir un impact positif sur le taux de fraude. Pour autant, la dématérialisation des titres de transport risque de faire disparaître le « geste public » de validation. Ce qui pourrait à l’inverse engendrer une augmentation de la fraude. L’étape symbolique et sociale importante que constitue la validation doit donc évoluer en fonction du mode de tarification et de billettique adopté, afin de ne pas représenter un frein au progrès technologique.

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