Covid-19 : quel impact sur la mobilité ?

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Par Valérie Lachenaud

Réduction brutale des déplacements, craintes liées à la promiscuité des transports en commun, aspirations nouvelles et désirs de changer de vie… la crise sanitaire rebat les cartes de la mobilité, amenant les opérateurs à réinventer leur métier.

Un arrêt brutal des déplacements

4 Md
C’est le nombre de personnes dans le monde soumises à des restrictions de circulation.
Source : Deloitte, le 28 septembre 2020.

Des situations très diverses selon les pays


Source : Citymapper, Data au 8 février 2021 comparé avec celle du 8 février 2020.


La France, un cas d’école ?

La France n’a jamais retrouvé le volume de déplacements de février 2020, avant la crise sanitaire, même après les déconfinements. Lors du confinement de mars 2020, le volume de déplacements chute de 40 %. Avec le déconfinement du printemps 2020, celui-ci remonte à 80-90 %. Même pourcentage, lors du deuxième déconfinement en décembre 2020.

Ce rebond est néanmoins beaucoup plus prononcé que dans d’autres pays. À Londres, par exemple, les déplacements n’ont jamais dépassé 60 % de leur niveau pré-Covid. La situation est encore plus contrastée en Amérique du Nord. À Montréal, les déplacements ont plafonné durant la pandémie, à 35 % de leur niveau habituel. Ce décalage pourrait s’expliquer par le recours moindre au télétravail. Seulement 20 % des Français ont travaillé chez eux pour la première semaine du reconfinement, contre 40 % par exemple en Grande Bretagne.
Source : baromètre Happydemics-Le Point.


Fréquentation

-40 Md€
C’est la baisse du chiffre d’affaires en 2020 pour l’ensemble des opérateurs de transport en commun dans le monde.
Source : UITP, 2020.

2 à 5 %
C’est l’activité annoncée par les plateformes de mobilité partagée comme Blablacar, par rapport à leur activité normale.
Source : Deloitte, avril 2020.

-90 %
C’est la baisse de fréquentation des transports en commun lors du premier confinement dans les 10 plus grandes villes françaises.
Source : Transition et Énergies, 2020.


Télétravail

74 %
Des salariés européens ayant fait des études universitaires ont pratiqué le télétravail.
Source : Eurofound, rapport publié le 28 septembre 2020.

34 %
De ceux qui ont le niveau bac.
Source : Eurofound, rapport publié le 28 septembre 2020.


UN PROFOND DÉSIR DE CHANGEMENT

72 %
C’est la part des personnes qui souhaiteraient que leur vie change de manière significative plutôt que de revenir à ce qu’elle était avant la crise du Covid.

86 %
Souhaitent que le monde change de manière significative, et devienne plus durable et équitable, plutôt que de revenir à ce qu’il était avant la crise du Covid.

Réponses par pays sur la question liée à un avenir plus durable et équitable


Source : étude Ipsos pour le Forum Économique Mondial, septembre 2020, panel de 21 000 adultes de 27 pays différents.


Une remise en question de la vie professionnelle

+ 14 points
C’est la progression du consentement des Français à sacrifier une partie de leurs revenus pour travailler moins.
Source : Obsoco, juin 2020.

49 %
C’est la part des Français qui souhaitent équilibrer vie professionnelle et vie privée.
Source : Keoscopie, 2020.


L’envie d’ailleurs

1/3
Des français rêve d’aller habiter ailleurs.
Source : Obosco, juin 2020.

1/4
Rêve d’un ailleurs à faible densité.
Source : Keoscopie, 2020.


Des aspirations environnementales

49 %
C’est la part des Français qui pensent que leur sensibilité à l’écologie va profondément changer avec la crise sanitaire.
Source : Keoscopie, 2020.

50 %
C’est la part des Français qui pensent que leur rapport à la nature va changer.
Source : Keoscopie, 2020.


L’évolution du regard sur la mobilité

13 %
C’est la part des utilisateurs actuels qui déclarent qu’ils prendront davantage les transports en commun qu’avant la crise sanitaire.
Source : Observatoire de la mobilité 2020, UTP.

2e
C’est la position qu’occupe la préoccupation environnementale parmi les raisons qui poussent les Français à choisir les transports collectifs, derrière la praticité.
Source : Keoscopie, 2020.

Cette montée en puissance des préoccupations environnementales est une chance pour les transports en commun. Dans le futur, elle peut jouer un rôle dans les modes de déplacement et faire évoluer les parts modales. Cette nouvelle donne qui pourrait amener les opérateurs à communiquer davantage sur ces aspects, en rappelant par exemple que les modes collectifs génèrent, selon les modes de déplacements, entre 2 à 60 fois moins de gaz à effet de serre par passager et par kilomètre qu’un automobiliste.
Source : Keoscopie, 2020.

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RETROUVER LA CONFIANCE DANS LES TRANSPORTS COLLECTIFS

0 %
C’est le risque de contamination évalué dans le métro sur une période allant jusqu’à 70 minutes et 80 minutes dans un bus. 1 %, c’est le risque de contamination évalué pour une durée supérieure.
Source : Université du Colorado, 2020.

0,32 %
C’est la probabilité de contracter le COVID-19 dans un train. 0,075 % en s’asseyant sur le siège d’une personne contaminée immédiatement après elle.
Source : Oxford Academic, mars 2020.

38 %
C’est la part des Français qui disent avoir pris conscience, à la suite du premier confinement, qu’ils pouvaient se déplacer davantage en modes actifs, en privilégiant la marche et le vélo pour leurs trajets de proximité.
Source : Forum Vies Mobilités, 2020.

70 %
Des citadins affirment opter pour le transport individuel motorisé – voiture et deux roues – afin de se déplacer sans risque de contamination en 2020. Ce chiffre monte à 88 % en zone rurale. En outre, 74 % des Français déclarent toujours préférer la voiture à tout autre mode de transport.
Source : sondage Opinion Way à la fin du premier confinement.

35 %
Des Français raccourcissent régulièrement leur trajet en transports en commun pour faire une partie du trajet à pied.
Source : Keoscopie, 2020.

64 %
Des utilisateurs de transport publics déclarent qu’ils auront à l’avenir confiance dans leur réseau de transport pour assurer la sécurité sanitaire.
Source : Observatoire de la Mobilité 2020 publié par l’UTP.

Dans un premier temps, la pandémie a mis à mal la confiance des usagers vis-à-vis des transports en commun. À l’usage, le recours aux transports en commun s’est pourtant dédramatisé. Les usagers ont été rassurés par le port généralisé du masque, la présence de gel hydro-alcoolique, les mesures d’hygiène. Leur conclusion ? Les transports en commun étaient finalement moins à risques qu’ils ne l’imaginaient.

Une exigence accrue vis-à-vis des opérateurs

Les gestes de précaution survivront-ils à la fin de l’épidémie ? Une chose est sûre, les usagers ont de fortes attentes sur ces questions. Aussi, il est probable que certaines de ces pratiques perdurent, comme le port du masque pour les personnes fragiles ou malades. Les transporteurs vont aussi probablement devoir aller encore plus loin dans leurs stratégies de désaturation (augmentation des fréquences, applications permettant aux usagers d’éviter les transports en commun en cas d’affluence). Et les véhicules devront prendre davantage en compte les questions de “distanciation sociale” et d’aération.


Source  : Keoscopie, 2020.


L’observatoire Keoscopie, Un décrypteur de tendances

Depuis 2007, l’observatoire Keoscopie, piloté par la direction de la prospective de Keolis, analyse les évolutions sociétales susceptibles d’avoir un impact sur la mobilité des citoyens, pour aider les Autorités Organisatrices à penser la mobilité de demain. Depuis le début de la pandémie, Keoscopie a déployé un dispositif d’études online en partenariat avec Harris Interactive. Celles-ci ont été réalisées en 4 vagues (juin, juillet, octobre, décembre 2020) auprès d’un échantillon représentatif de plus de 4 200 répondants français.

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RAPHAËL DE BENGY – Avancer ensemble


“Originaire d’une campagne où l’on se méfie parfois de ceux qui ne nous ressemblent pas, je suis fasciné par l’ambiance du métro, où des gens très différents oublient ce qui les sépare et avancent dans la même direction. Ces personnes ne se connaissent pas, seul le métro les unit. Avec cette série, j’ai voulu souligner la chance que nous avons de vivre ainsi ensemble.”

Toutes les images et leurs légendes sur : instagram.com/avancerensembleparis
L’auteur Raphaël de Bengy sur : instagram.com/raphaeldebengy

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